La relance Sarkozy, classique, cohérente, mais insuffisante.
Ayant écouté avec attention, comme des millions de français, l’émission « N. Sarkozy face à la crise », les mesures annoncées m’ont paru cohérentes, innovantes parfois, mais imaginées dans un cadre trop classique, une relance par l’investissement, associée à des mesures sociales relativement importantes.
N’étant ni extrémiste ni idéologue (du moins, je l’espère), je souhaiterai évidemment que ces mesures suffisent pour arrêter la spirale dépressive de l’économie française – et des français – mais je crains fort que ce ne soit pas le cas.
Loin de moi l’idée de prêter des arrière-pensées aux initiateurs de ce plan. Ce sont sûrement des gens compétents, et je n’ai aucune raison de mettre en doute leur honnêteté, ou leur désir sincère de venir en aide à nos compatriotes, et en particulier aux plus faibles d’entre eux. Les mesures prises en direction du chômage partiel, ou des jeunes jamais encore employés, ont évidemment une portée sociale indiscutable.
Face à une crise mondiale, il est nécessaire d’aller beaucoup plus loin.
La plupart des commentateurs et experts économiques comparent, au mieux, la crise actuelle à la crise de 1929, situation aggravée par le phénomène de la mondialisation, le monde entier étant touché par ces mouvements de récession. Les mesures ‘classiques’ à l’époque avaient mis une dizaine d’années – et encore – pour remettre le système sur ses rails. Certains historiens pensent d’ailleurs que la guerre de 1939-1945 en était une des conséquences, quelle que soit la folie d’Hitler et la mégalomanie de Staline.
Les interrogations et les querelles d’experts actuelles reposant sur le même débat ‘classique’ « Consommation vs Production », ou « Offre vs Demande », je crains donc que la sortie de crise risque d’être aussi douloureuse que celle de 1929, même si on peut espérer que nos gouvernants et nos experts soient plus attentifs qu’alors à l’impact des mesures proposées, et plus susceptibles de s’ajuster plus rapidement aux aléas de la conjoncture, du fait aussi des moyens d’information mis à leur disposition.
Du pain pour tous …
Comme vu dans un précédent billet, la CGT réclamait du pain et du travail pour tous. Le travail, je ne sais pas si c’est vraiment possible, mais du pain (et un toit) pour chacun, et des activités pour tous, activités marchandes ou non marchandes, ce n’est pas seulement souhaitable, c’est impératif. Dans un pays comme la France, il serait scandaleux qu’il en soit autrement.
Consommer plus pour produire plus.
La première conséquence économique du RMD (Revenu Minimum de Dignité) est d’assurer une stabilité minimale – que certains jugeront insuffisante – à la ‘demande solvable’ de chacun de nos concitoyens : 1250 euros pour un couple sans enfants, la même chose pour une femme seule avec deux enfants, s’ils sont garantis à vie, cela peut changer quelque peu la donne.
Je ne suis pas contre la formule « travailler plus pour gagner plus », même si je préfère la formule « travailler mieux pour produire mieux », mais dans ces temps de récession, il me semble que le cycle infernal, défiance-baisse de la consommation-baisse de la production-crise doit à tout prix être brisé. Lorsque l’on a peur, on ne se rue pas dans les magasins pour acheter, on essaye de survivre, quitte même à épargner, lorsqu’on le peut encore, en vue d’un contexte futur que l’on peut craindre encore plus difficile. Lorsque la production industrielle s’effondre de 10%, lorsque le chômage s’aggrave de 220 000 personnes en 4 mois – en dépit des mesures de chômage partiel, et même si c’est pire en Espagne ou en Italie – il n’y a vraiment pas de quoi faire la fête. Les dépenses d’impulsion chères à nos ‘marketteurs’ ne sont plus d’actualité.
Pour une relance ‘révolutionnaire’ de la consommation.
La relance de la consommation, mais une relance ‘révolutionnaire’, pas à l’ancienne, une relance garantie par un pouvoir d’achat minimal stable me semble donc, encore et toujours, indispensable.
Il s’agit non seulement d’anticiper sur la sortie de crise, mais de la susciter, en donnant de l’argent – la création monétaire, si elle est raisonnée, et donc raisonnable, c’est fait pour anticiper sur une croissance future – à ceux qui sont le plus susceptibles non seulement d’en avoir un besoin impératif mais aussi de l’utiliser très rapidement. C’est l’objectif du RMD, qui en période pleine devrait concerner l’ensemble de la population française, mais qui dans une période transitoire pourrait être affecté en premier aux plus faibles et aux plus démunis.
Si la consommation augmente, certaines chaînes de production vont être relancées, le chômage partiel diminuera, certains emplois pourront même être recréés, même si je ne crois pas vraiment à un chômage à taux zéro dans un avenir prévisible, d’où mon bémol au slogan de la CGT.
N’étant pas totalement candide, je ne suis pas sans savoir qu’une telle mesure – permanente et non transitoire, cette permanence est indispensable si l’on veut restaurer la confiance, indispensable pur le bon fonctionnement de tout système socio-économique – va attirer de multiples critiques, concernant en particulier le déficit commercial et le déficit budgétaire.
Quid des déficits ?
En dépit d’une croissance encore faiblement positive, le déficit commercial s’est encore accru en 2008 de 15 milliards d’euros, pour atteindre près de 56 milliards. Certains bons esprits affirment, données économétriques à l’appui, que toute consommation supplémentaire irait pour les 2/3 à l’étranger, contre seulement 1/3 pour les entreprises françaises. Les statistiques servent peut être à éclairer le passé, surtout lorsque celui-ci est stable, mais pour prévoir l’avenir, il en va tout autrement.
Raisonnons donc par l’absurde. L’avenir sera pour partie ce que nous déciderons collectivement d’en faire. C’est vrai pour le réchauffement climatique, c’est vrai pour le développement durable, c’est aussi vrai, partiellement du moins, pour la situation économique de notre pays, cinquième puissance mondiale selon notre président lui-même.
Le RMD étant adossé sur le PIB, et donc, rapidement dit, sur la production des entreprises françaises, chacun comprendra que c’est cette production française qu’il faut privilégier, si l’on veut pérenniser le niveau proposé du RMD (25% du PIB moyen). Est-ce que cela changera la donne ? Nul ne peut le dire avec certitude, on peut seulement l’espérer. Mais vu que le déficit commercial se creuse depuis 4 ans, en période de vaches de moins en moins grasses comme en période de vaches maigres, autant essayer des mesures vraiment nouvelles et originales, surtout lorsqu’elles ont pour objectif premier de redonner Dignité et Espérance aux millions d’exclus.
Le déficit budgétaire de la France, s’il sera impacté initialement par l’instauration du RMD, puisqu’il faudra trouver initialement 100 à 200 milliards d’euros, ne devrait pas augmenter à moyen terme.
De fait, le financement demandé correspond à une simple avance, puisque le RMD sera, en année pleine, financé entièrement par un prélèvement de 30 à 33% sur les ‘revenus gagnés’, dans un contexte, espérons le, de croissance retrouvée. Précisons encore que si l’on passe d’une récession de 2% à une croissance de 2%, sur les trois prochaines années (c’est mon estimation optimiste de la durée ‘normale’ de la crise, si l’on se contente des solutions ‘classiques’), on gagne ainsi 4 points en moyenne de PIB, soit 72 milliards par an sur 3 ans.
Sortir de la crise, c’est donc possible. Nos gouvernants auront-ils la sagesse d’être ‘révolutionnaires’ dans leurs décisions, je ne peux que l’espérer.
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vendredi 6 février 2009
vendredi 19 décembre 2008
Si l'état n'agit pas, la rue le fera...
Le gouvernement face à ses responsabilités.
Je suis le premier à dire que l'état, le gouvernement, ou les autorités constituées ne peuvent pas tout faire, et qu'on ne peut, ou qu'on ne devrait pas, les rendre responsables de tout.
C'est pourtant ce que l'on va faire, ce que le 'peuple' va faire, ce que la rue va faire, si les prévisions de récession continuent à s'amonceler, et si nos experts continuent à prendre un air chagriné, certains ne cachant pas leur jubilation devant ce mauvais coup porté à la majorité, présidentielle ou gouvernementale.
Entre réformes sérieuses, et révolution catastrophique, il y a urgence.
Le mouvement des lycéens montre que ce n'est évidemment pas de l'école qu'il s'agit. On peut le déplorer, mais ce n'est ni le contenu des programmes, ni le sort des professeurs partant à la retraite qui intéresse les jeunes, mais leur propre avenir. Il ne s'annonçait pas riant il y a 3 ans, au moment du mouvement anti-CPE, alors que la croissance était encore là.
Maintenant que l'on annonce une récession d'au moins 1% - et elle sera pire encore si on ne va pas bien au delà des mesures de relance déjà annoncées, les jeunes peuvent vraiment se demander quel avenir les attend, réforme ou non.
En dehors de la violence de certaines de ces manifestations - violences inexcusables mais explicables - au delà de leur désarroi, il y a un véritable désespoir que l'on voit percer de ci de là.
Les mesures prises, financières comme économiques, restent incompréhensibles aux yeux de la plupart de nos concitoyens.
Ils n'ont d'ailleurs pas entièrement tort de juger sévèrement ces mesures, lorsqu'ils en comprennent les raisons. Et même s'ils avaient tort, la perception que ce sont toujours les mêmes qui trinquent, et les mêmes qui s'en sortent, ne ferait rien pour leur redonner confiance en ceux qui les gouvernent, en ceux qui nous gouvernent.
Face à des affirmations discutables, la méfiance généralisée s'installe.
Au delà de querelles idéologiques entre la droite - ou prétendue telle - et la gauche - ou ce qu'il en reste, le contexte socio-politique est en complet désarroi, du fait d'une situation économique désastreuse, et d'affirmations d'experts très contestables.
Ainsi, il n'est pas vrai qu'une économie moderne ait besoin de marchés financiers florissants - ce n'est pas la Bourse qui aide les entreprises à se développer, même si c'est elle qui conduit certaines entreprises à se lancer dans une course au gigantisme, afin de résister à des OPA, ou au contraire à profiter de certaines aubaines. Mais cela, les intermédiaires boursiers et les professeurs de finance des marchés ne sont pas prêts à l'admettre, et à abandonner ainsi leur gagne-pain qui leur assurent des heures de 'consulting' à plusieurs milliers d'euros.
Il n'est pas vrai non plus que le système bancaire soit le seul à pouvoir assurer le fonctionnement normal de l'économie. Il est bien placé, certes, quand il fonctionne correctement, et lorsqu'il accorde des prêts 'normaux' au financement des entreprises et à la consommation des ménages. Mais lorsqu'il consacre l'essentiel de ses fonds, et la plupart de ses 'experts' - souvent recrutés dans les majeures 'Finance' de nos grandes écoles - et qui ne connaissent donc pas grand chose à la vie économique réelle, à des placements financiers dans des fonds de fonds de fonds d'investissement, il vaut mieux s'en séparer. Quitte à demander à l'état de faire fonctionner lui-même correctement les mécanismes de création monétaire qu'il avait pour fonction régalienne de surveiller.
Les mesures à prendre.
La première, de loin la plus facile 'économiquement' - mais pas si facile idéologiquement - est de reconnaître que les investisseurs et les spéculateurs qui ont perdu leur chemise (c'est plus souvent leurs yachts) en 'jouant' à la Bourse en espérant des rendements très supérieurs au taux de croissance de l'économie ont eu tort de le faire, et que nulle mesure ne sera prise pour leur venir en aide.
Un bémol peut être pour les très petits épargnants dont le montant investi - une goutte d'eau dans les montants en jeu - serait très faible, 5 ou 10000 euros pour fixer les idées. On peut en effet penser qu'ils ont été grugés par des conseillers financiers peu scrupuleux, m^me s'ils ont manqué de bon sens et de retenu: ON NE PEUT GAGNER HONNETEMENT PLUS QUE LE TAUX DE CROISSANCE DE L'ECONOMIE, les richesses étant produites par le travail, et non par la spéculation.
Toujours dans la même idée, celle de restaurer la confiance, et de montrer que les escrocs financiers sont aussi coupables que le petit voleur à l'étalage - et qu'ils coûtent beaucoup plus cher à la collectivité - je pense qu'il faudrait assortir la moindre aide aux banques françaises de la condition sine qua non du départ de l'ensemble de l'équipe dirigeante de la banque concernée - et pas seulement de quelques lampistes ou traders aux actions médiatisées à dessein.
Si le chef d'état major de l'armée a été 'démissionné' pour un acte commis par un sous-officier à Carcassonne - alors que sa responsabilité véritable ne devait pas être colossale - c'est bien le moins de demander à nos banquiers d'avoir un peu de décence, et de comprendre qu'ils ont fait leur temps.
Si une telle mesure n'est pas possible légalement, puisque les banques françaises sont privées, la puissance publique peut jouer sur les différents ratios exigés des banques réfractaires pour qu'elles comprennent qu'elles ont tout intérêt à se débarrasser de leurs haut dirigeants - au mieux irresponsables, au pire incompétents et malhonnêtes.
Ce couple de mesures ne coûterait rien financièrement, et pourrait commencer à restaurer la confiance dont notre pays a tant besoin, en cette période que d'aucuns commencent à juger pré-révolutionnaire, du fait du désespoir grandissant de nombre de nos compatriotes.
Quelques mesures 'purement économiques'.
Lancer de grands travaux d'infrastructure (enfouissement de lignes EDF, amélioration de voies ferrées laissées à l'abandon, restauration d'écluses et régulation et développement de voies navigables, habitats collectifs orientés 'écologie', fermes photo-voltaiques, centrales nucléaires de troisième génération - même si cela va faire grincer des dents,...) est évidemment une des priorités, même si son coût très important n'a permis au gouvernement actuel que d'en annoncer une toute petite partie. Cette mesure est importante à long terme - certaines infrastructures manquant cruellement à notre pays - et à court terme relancera l'emploi dans le secteur du BTP, sans grever pour autant notre balance commerciale, tout en assurant du pouvoir d'achat au personnel concerné.
Pour un Revenu Minimum de Dignité.
Mais il faut aussi relancer la consommation, par le biais du pouvoir d'achat des catégories les moins privilégiées de la population. Je propose à ce sujet, sans reprendre les thèses un peu extrêmes du mouvement sociétalisme, de distribuer à chacun de nos concitoyens, adultes, - indépendamment de toute autre sorte de revenu qu'il pourrait tirer de son travail, l'équivalent du quart du PIB moyen par habitant.
Ce PIB moyen est de l'ordre de 30000 euros annuels, soit 2500 euros mensuels.
Chaque adulte de notre pays devrait donc percevoir - et cette mesure peut être mise sur pied en moins d'un an - 625 euros de R.M.D., net d'impôts. On peut aussi imaginer qu'un enfant de moins de 18 ans recevrait en moyenne la moitié de cette somme, de façon progressive, un couple ayant 2 enfants de 8 et 10 ans recevant ainsi de la collectivité près de 1900 euros mensuels, indépendamment de tout revenu issu de son travail. Ce R.M.D. serait en grande partie financé par la disparition de nombre de mesures à l'inefficacité garantie et qui ont pour directe conséquence une inflation des travaux administratifs, sans aucune valeur ajoutée, ayant pour principal objectif de vérifier que telle ou telle allocation va bien à la bonne personne, et ne contredit pas telle ou telle autre mesure.
D'autres mesures peuvent être envisagées, comme une TVA sociale qui pénaliserait les produits importés de pays dont les conditions de travail sanitaires et humaines sont plus que discutables, ou pour avantager les produits 'propres' ou 'éthiques'. Mais ceci est une autre histoire. Ce qui est sûr, c'est qu'il faut agir, le 'bon peuple' ne va pas attendre passivement que les experts lui annoncent de nouvelles catastrophes dans lesquelles il sera considéré comme un simple 'dommage collatéral'.
Je suis le premier à dire que l'état, le gouvernement, ou les autorités constituées ne peuvent pas tout faire, et qu'on ne peut, ou qu'on ne devrait pas, les rendre responsables de tout.
C'est pourtant ce que l'on va faire, ce que le 'peuple' va faire, ce que la rue va faire, si les prévisions de récession continuent à s'amonceler, et si nos experts continuent à prendre un air chagriné, certains ne cachant pas leur jubilation devant ce mauvais coup porté à la majorité, présidentielle ou gouvernementale.
Entre réformes sérieuses, et révolution catastrophique, il y a urgence.
Le mouvement des lycéens montre que ce n'est évidemment pas de l'école qu'il s'agit. On peut le déplorer, mais ce n'est ni le contenu des programmes, ni le sort des professeurs partant à la retraite qui intéresse les jeunes, mais leur propre avenir. Il ne s'annonçait pas riant il y a 3 ans, au moment du mouvement anti-CPE, alors que la croissance était encore là.
Maintenant que l'on annonce une récession d'au moins 1% - et elle sera pire encore si on ne va pas bien au delà des mesures de relance déjà annoncées, les jeunes peuvent vraiment se demander quel avenir les attend, réforme ou non.
En dehors de la violence de certaines de ces manifestations - violences inexcusables mais explicables - au delà de leur désarroi, il y a un véritable désespoir que l'on voit percer de ci de là.
Les mesures prises, financières comme économiques, restent incompréhensibles aux yeux de la plupart de nos concitoyens.
Ils n'ont d'ailleurs pas entièrement tort de juger sévèrement ces mesures, lorsqu'ils en comprennent les raisons. Et même s'ils avaient tort, la perception que ce sont toujours les mêmes qui trinquent, et les mêmes qui s'en sortent, ne ferait rien pour leur redonner confiance en ceux qui les gouvernent, en ceux qui nous gouvernent.
Face à des affirmations discutables, la méfiance généralisée s'installe.
Au delà de querelles idéologiques entre la droite - ou prétendue telle - et la gauche - ou ce qu'il en reste, le contexte socio-politique est en complet désarroi, du fait d'une situation économique désastreuse, et d'affirmations d'experts très contestables.
Ainsi, il n'est pas vrai qu'une économie moderne ait besoin de marchés financiers florissants - ce n'est pas la Bourse qui aide les entreprises à se développer, même si c'est elle qui conduit certaines entreprises à se lancer dans une course au gigantisme, afin de résister à des OPA, ou au contraire à profiter de certaines aubaines. Mais cela, les intermédiaires boursiers et les professeurs de finance des marchés ne sont pas prêts à l'admettre, et à abandonner ainsi leur gagne-pain qui leur assurent des heures de 'consulting' à plusieurs milliers d'euros.
Il n'est pas vrai non plus que le système bancaire soit le seul à pouvoir assurer le fonctionnement normal de l'économie. Il est bien placé, certes, quand il fonctionne correctement, et lorsqu'il accorde des prêts 'normaux' au financement des entreprises et à la consommation des ménages. Mais lorsqu'il consacre l'essentiel de ses fonds, et la plupart de ses 'experts' - souvent recrutés dans les majeures 'Finance' de nos grandes écoles - et qui ne connaissent donc pas grand chose à la vie économique réelle, à des placements financiers dans des fonds de fonds de fonds d'investissement, il vaut mieux s'en séparer. Quitte à demander à l'état de faire fonctionner lui-même correctement les mécanismes de création monétaire qu'il avait pour fonction régalienne de surveiller.
Les mesures à prendre.
La première, de loin la plus facile 'économiquement' - mais pas si facile idéologiquement - est de reconnaître que les investisseurs et les spéculateurs qui ont perdu leur chemise (c'est plus souvent leurs yachts) en 'jouant' à la Bourse en espérant des rendements très supérieurs au taux de croissance de l'économie ont eu tort de le faire, et que nulle mesure ne sera prise pour leur venir en aide.
Un bémol peut être pour les très petits épargnants dont le montant investi - une goutte d'eau dans les montants en jeu - serait très faible, 5 ou 10000 euros pour fixer les idées. On peut en effet penser qu'ils ont été grugés par des conseillers financiers peu scrupuleux, m^me s'ils ont manqué de bon sens et de retenu: ON NE PEUT GAGNER HONNETEMENT PLUS QUE LE TAUX DE CROISSANCE DE L'ECONOMIE, les richesses étant produites par le travail, et non par la spéculation.
Toujours dans la même idée, celle de restaurer la confiance, et de montrer que les escrocs financiers sont aussi coupables que le petit voleur à l'étalage - et qu'ils coûtent beaucoup plus cher à la collectivité - je pense qu'il faudrait assortir la moindre aide aux banques françaises de la condition sine qua non du départ de l'ensemble de l'équipe dirigeante de la banque concernée - et pas seulement de quelques lampistes ou traders aux actions médiatisées à dessein.
Si le chef d'état major de l'armée a été 'démissionné' pour un acte commis par un sous-officier à Carcassonne - alors que sa responsabilité véritable ne devait pas être colossale - c'est bien le moins de demander à nos banquiers d'avoir un peu de décence, et de comprendre qu'ils ont fait leur temps.
Si une telle mesure n'est pas possible légalement, puisque les banques françaises sont privées, la puissance publique peut jouer sur les différents ratios exigés des banques réfractaires pour qu'elles comprennent qu'elles ont tout intérêt à se débarrasser de leurs haut dirigeants - au mieux irresponsables, au pire incompétents et malhonnêtes.
Ce couple de mesures ne coûterait rien financièrement, et pourrait commencer à restaurer la confiance dont notre pays a tant besoin, en cette période que d'aucuns commencent à juger pré-révolutionnaire, du fait du désespoir grandissant de nombre de nos compatriotes.
Quelques mesures 'purement économiques'.
Lancer de grands travaux d'infrastructure (enfouissement de lignes EDF, amélioration de voies ferrées laissées à l'abandon, restauration d'écluses et régulation et développement de voies navigables, habitats collectifs orientés 'écologie', fermes photo-voltaiques, centrales nucléaires de troisième génération - même si cela va faire grincer des dents,...) est évidemment une des priorités, même si son coût très important n'a permis au gouvernement actuel que d'en annoncer une toute petite partie. Cette mesure est importante à long terme - certaines infrastructures manquant cruellement à notre pays - et à court terme relancera l'emploi dans le secteur du BTP, sans grever pour autant notre balance commerciale, tout en assurant du pouvoir d'achat au personnel concerné.
Pour un Revenu Minimum de Dignité.
Mais il faut aussi relancer la consommation, par le biais du pouvoir d'achat des catégories les moins privilégiées de la population. Je propose à ce sujet, sans reprendre les thèses un peu extrêmes du mouvement sociétalisme, de distribuer à chacun de nos concitoyens, adultes, - indépendamment de toute autre sorte de revenu qu'il pourrait tirer de son travail, l'équivalent du quart du PIB moyen par habitant.
Ce PIB moyen est de l'ordre de 30000 euros annuels, soit 2500 euros mensuels.
Chaque adulte de notre pays devrait donc percevoir - et cette mesure peut être mise sur pied en moins d'un an - 625 euros de R.M.D., net d'impôts. On peut aussi imaginer qu'un enfant de moins de 18 ans recevrait en moyenne la moitié de cette somme, de façon progressive, un couple ayant 2 enfants de 8 et 10 ans recevant ainsi de la collectivité près de 1900 euros mensuels, indépendamment de tout revenu issu de son travail. Ce R.M.D. serait en grande partie financé par la disparition de nombre de mesures à l'inefficacité garantie et qui ont pour directe conséquence une inflation des travaux administratifs, sans aucune valeur ajoutée, ayant pour principal objectif de vérifier que telle ou telle allocation va bien à la bonne personne, et ne contredit pas telle ou telle autre mesure.
D'autres mesures peuvent être envisagées, comme une TVA sociale qui pénaliserait les produits importés de pays dont les conditions de travail sanitaires et humaines sont plus que discutables, ou pour avantager les produits 'propres' ou 'éthiques'. Mais ceci est une autre histoire. Ce qui est sûr, c'est qu'il faut agir, le 'bon peuple' ne va pas attendre passivement que les experts lui annoncent de nouvelles catastrophes dans lesquelles il sera considéré comme un simple 'dommage collatéral'.
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